Plan de prévention : Dirigeants, êtes-vous prêts à accueillir une entreprise extérieure en toute sécurité ?
Anticipez, structurez… et protégez.
1. Pourquoi ce sujet vous concerne directement
Vous dirigez une entreprise. Vous n’avez pas de service HSE structuré, ni de référent sécurité dédié. Pourtant, vous accueillez régulièrement des prestataires extérieurs : maintenance, nettoyage, travaux informatiques, interventions techniques, voire petits chantiers ponctuels.
À chaque fois, vous devenez donneur d’ordre.
Et avec ce rôle vient une responsabilité : celle de veiller à ce que la cohabitation entre vos salariés et les intervenants extérieurs se passe sans accident. C’est ce qu’on appelle la coactivité. C’est aussi ce que la réglementation encadre très strictement, même si vous n’en avez jamais entendu parler en ces termes.
Le risque est partagé. La responsabilité aussi.
En cas d’accident touchant un salarié d’une entreprise extérieure sur votre site, la justice cherchera à savoir si vous avez :
- identifié les risques potentiels liés à l’intervention,
- pris les mesures nécessaires pour les prévenir,
- et formalisé ces éléments dans un plan de prévention, comme l’impose le Code du travail (articles R.4511-1 à R.4514-10).
Si ce document est absent, incomplet, ou trop général, vous pouvez être tenu responsable, même si l’intervenant est un prestataire de confiance ou s’il “fait ça depuis 20 ans”.
Et cela ne concerne pas seulement les grandes industries ou les sites à risques.
Cela peut arriver dans une PME du tertiaire qui fait changer sa climatisation.
Dans un commerce qui fait repeindre sa vitrine.
Ou dans une TPE qui accueille un technicien informatique.
Dès lors qu’une entreprise extérieure intervient dans vos locaux, vous entrez dans le champ des obligations liées à la coactivité.
Plan de prévention : outil contraignant ou outil de maîtrise ?
Certes, le plan de prévention est une exigence réglementaire.
Mais le considérer uniquement comme une formalité administrative serait une erreur.
C’est surtout un outil concret pour :
- éviter les malentendus entre vos équipes et les prestataires,
- clarifier qui fait quoi, où, quand et comment,
- anticiper les risques croisés (produits chimiques, électricité, circulation, etc.),
- réagir rapidement en cas d’incident.
En bref, c’est un levier de sécurité, d’organisation, et de protection juridique.
Et plus votre entreprise est petite, plus ce document est utile pour structurer ce qui ne l’est pas toujours.
2. Le plan de prévention : une obligation légale, mais surtout un outil de maîtrise des risques
Le plan de prévention n’est pas un simple document à remplir pour se couvrir.
C’est d’abord une obligation inscrite dans le Code du travail, mais c’est aussi – et surtout – un outil pour prévenir les accidents liés aux interférences entre vos activités et celles des intervenants extérieurs.
Ce que dit la loi (et ce qu’il faut en retenir)
Le cadre réglementaire est défini par les articles R.4511-1 à R.4514-10 du Code du travail. Il s’applique à toute situation de coactivité, c’est-à-dire dès lors qu’au moins deux entreprises interviennent simultanément sur un même site.
Dans les faits, cela veut dire que si :
- une entreprise extérieure intervient dans vos locaux,
- et que vos salariés sont présents sur site pendant cette intervention,
Alors vous devez évaluer les risques croisés et formaliser un plan de prévention.
Et dans certains cas, ce plan devient obligatoire, même s’il n’y a pas de coactivité, notamment si :
- la durée prévisionnelle de l’intervention dépasse 400 heures sur une année,
- ou si l’opération entre dans la liste des travaux dits dangereux, fixée par l’arrêté du 19 mars 1993 (ex. : travail en hauteur, amiante, électricité, etc.).
Ces seuils ne sont pas optionnels. Ne pas les respecter, c’est s’exposer à des sanctions en cas de contrôle… et à de lourdes conséquences en cas d’accident.
Au-delà du formalisme, un vrai outil de pilotage
On pourrait s’arrêter là, et remplir le plan de prévention “parce qu’il faut le faire”. Mais ce serait passer à côté de l’essentiel : bien fait, ce document est un levier d’organisation et de sécurité.
Pourquoi ?
Parce qu’il vous oblige à :
- réfléchir en amont à l’intervention,
- échanger avec le prestataire avant qu’il ne commence,
- clarifier les zones d’intervention, les horaires, les points sensibles,
- formaliser des règles communes qui protègent vos équipes comme les siennes.
Autrement dit, c’est un moment structurant.
Un moment où l’on passe de l’accord commercial à la maîtrise opérationnelle.
Un moment où l’on pose les bonnes questions, avant que les mauvaises surprises n’arrivent.
Le plan de prévention n’est pas un obstacle à l’activité. Il est au contraire ce qui permet de l’organiser sans accident.
3. Avant tout, une inspection commune !
Parmi les étapes parfois méconnues – ou négligées – du plan de prévention, l’inspection commune préalable est pourtant une pièce maîtresse du dispositif.
Elle n’est pas optionnelle. Elle est obligatoire dans tous les cas où un plan de prévention écrit est exigé : intervention de plus de 400 heures, ou travaux considérés comme dangereux.
Mais au-delà de l’obligation, c’est surtout un moment de vérité, où les risques se montrent, se partagent… et se traitent.
Pourquoi faire une inspection commune ?
Parce que certains risques ne se devinent pas sur papier.
- Vous avez peut-être l’habitude de vos locaux, mais l’intervenant extérieur, lui, les découvre.
- Inversement, il connaît parfaitement ses propres procédures, mais ignore les contraintes de votre site.
L’inspection commune, c’est le moment où les deux mondes se rencontrent :
- Où l’on repère ensemble les zones à risque, les passages dangereux, les équipements sensibles.
- Où l’on précise les circuits d’entrée, de sortie, de circulation interne.
- Où l’on échange sur les horaires, les points de contact, les règles de sécurité déjà en place.
En bref, c’est une visite terrain à deux voix, qui permet de transformer les suppositions en décisions concrètes.
Qui doit être présent ?
Là encore, ce n’est pas qu’un formalisme.
- Côté entreprise utilisatrice (c’est-à-dire vous) : un représentant habilité, qui connaît les locaux, les conditions de travail, et qui a autorité pour fixer des règles.
- Côté entreprise extérieure : un responsable de l’intervention, capable de présenter les tâches à réaliser, les risques liés à l’activité, les moyens de prévention prévus.
Dans certaines situations, il peut être pertinent d’associer :
- le responsable de site ou de production,
- des représentants du personnel (notamment en cas d’activités sensibles),
- ou un référent sécurité, si vous en avez un, même non HSE.
Ce qu’on en retire
L’inspection commune n’est pas qu’une visite de courtoisie. Elle alimente directement la rédaction du plan de prévention :
- Elle permet d’identifier les risques croisés, et d’ajuster les modes opératoires si besoin.
- Elle aide à prioriser les mesures à prendre, en fonction des contraintes de terrain.
- Elle permet aussi d’engager une relation de confiance avec le prestataire, qui se sent considéré… et mieux préparé.
Trop souvent, cette étape est vue comme une perte de temps. En réalité, c’est un gain de maîtrise.
Une heure de visite terrain bien menée, c’est parfois des jours de galère évités.
4. Que contient un bon plan de prévention ?
Une fois l’inspection commune réalisée, vient le moment de formaliser les échanges dans un document structuré : le plan de prévention.
Il ne s’agit pas de remplir une fiche pour la forme, mais bien de poser noir sur blanc les éléments nécessaires pour garantir une intervention en sécurité, aussi bien pour vos équipes que pour celles de l’entreprise extérieure.
Alors, que doit contenir ce plan ? Voici l’essentiel.
4.1 - Les informations générales
Avant de parler de risques, encore faut-il identifier les parties en présence :
- Le nom de l’entreprise utilisatrice (vous), ses coordonnées, et la personne référente.
- Le nom de l’entreprise intervenante, avec les mêmes éléments.
- La date prévue de l’intervention, sa durée estimée, les plages horaires d’accès.
- Le lieu exact de l’intervention (bâtiment, étage, zone, etc.).
Ces données semblent évidentes, mais elles permettent déjà d’éviter des malentendus… surtout en cas d’intervention récurrente ou multisites.
4.2 - La description des travaux à réaliser
Cette partie doit être claire et précise : quelles sont les tâches confiées ?
Il ne suffit pas d’écrire « maintenance », « travaux divers » ou « nettoyage ». Il faut décrire les opérations attendues, les matériels utilisés, et les étapes principales.
Une bonne description permet d’anticiper les risques liés aux procédés, aux outils, aux produits utilisés, ou à la configuration du site.
4.3 - L’analyse des risques d’interférence
C’est le cœur du plan de prévention.
Il s’agit ici d’identifier les risques créés par la cohabitation entre les deux activités :
- Le prestataire utilise une nacelle pendant que vos salariés circulent ?
- Des travaux créent de la poussière à proximité d’une zone de production ?
- L’intervention nécessite une coupure d’alimentation électrique dans un secteur occupé ?
Autant de situations où les activités interfèrent… et peuvent provoquer un accident.
Cette analyse doit conduire à des mesures concrètes :
- Isoler la zone,
- Reporter certaines tâches,
- Mettre en place une signalisation temporaire,
- Interdire certains accès,
- Adapter les horaires, etc.
4.4 - L’information des salariés de l’entreprise utilisatrice
Une fois les risques identifiés et les mesures définies, il ne suffit pas que le plan de prévention soit signé.
Encore faut-il que les personnes concernées soient informées concrètement :
- Vos salariés doivent connaître les zones interdites ou modifiées temporairement.
- Ils doivent être avertis des travaux en cours, de leurs dangers éventuels, et des comportements à adopter.
- En cas de consignes spécifiques, vous devez vous assurer qu’elles sont diffusées, comprises et respectées.
La prévention ne se limite pas au lien avec l’entreprise extérieure : elle concerne aussi vos propres équipes, qui peuvent être directement exposées aux risques d’interférence.
4.5 - Les mesures de prévention prévues
On attend ici des engagements clairs, adaptés à l’intervention :
- Port des équipements de protection individuelle (EPI) spécifiques,
- Dispositifs de ventilation, détection, consignation, etc.
- Procédures à suivre en cas d’incident ou d’urgence,
- Conditions d’accès et de circulation sur site,
- Modalités de stockage des produits ou des déchets,
- Mise à disposition de moyens de secours ou de premiers soins.
Cette partie montre que les risques identifiés ont été pris au sérieux… et qu’ils donnent lieu à des actions concrètes.
4.6 - Les modalités de coordination
En cas de multi-intervenants, ou d’activités simultanées dans différentes zones, il est essentiel d’organiser la coordination :
- Qui supervise ?
- Qui alerte en cas de problème ?
- Comment sont gérées les consignes ?
- Qui décide en cas de désaccord sur les mesures de sécurité ?
Même dans une petite structure, cette coordination peut être assurée par un responsable de site ou par vous-même, à condition que cela soit clairement défini.
4.7 - Les annexes éventuelles
Un plan de prévention peut intégrer ou renvoyer à :
- Des plans de site ou de zone,
- Des fiches de sécurité,
- Un protocole de sécurité pour les opérations de chargement/déchargement,
- Des consignes spécifiques internes,
- Un registre des accidents bénins, ou un plan d’évacuation.
En résumé :
Un bon plan de prévention n’est ni un simple papier à signer, ni un bloc de copier-coller.
C’est un document vivant, qui doit refléter :
- la réalité du terrain,
- la compréhension des risques,
- et la volonté partagée de sécuriser l’intervention.
Mieux vaut un plan simple, mais réfléchi, qu’un plan long et vide de sens.
5. Et concrètement, comment on le rédige ?
C’est souvent là que les choses se compliquent pour les dirigeants de petites structures.
Ils ont compris l’intérêt du plan de prévention, identifié les risques, échangé avec le prestataire…
Mais au moment de passer à l’écrit, les doutes apparaissent :
« Est-ce qu’il faut un modèle particulier ? »
« Faut-il tout faire relire par un juriste ? »
« Est-ce que ça doit faire 20 pages ? »
Rassurez-vous : il n’existe pas de modèle unique, ni de longueur imposée.
La seule règle, c’est que le document soit adapté à la réalité de l’intervention, et qu’il contienne les éléments nécessaires à la prévention des risques.
Autrement dit, un plan de prévention de qualité, c’est surtout un plan qui a du sens. Voici comment s’y prendre.
5.1 - Adapter la forme à la situation
Tout ne se traite pas de la même manière :
- Pour une intervention ponctuelle, simple, sans risque particulier, un formulaire-type simplifié peut suffire. Il en existe de nombreux exemples téléchargeables (INRS, Carsat, fédérations professionnelles…).
- Pour une intervention complexe, longue, ou comportant des risques importants, mieux vaut opter pour un document structuré avec des rubriques claires, des annexes et des mesures détaillées.
Conseil : inutile d’en faire trop, mais évitez aussi les cases remplies à la va-vite. Le bon équilibre, c’est celui qui vous permet d’avoir un support clair en cas de contrôle… ou d’accident.
5.2 - S’appuyer sur les bons interlocuteurs
Ce n’est pas parce que vous n’avez pas de responsable HSE que vous êtes seul :
- L’entreprise extérieure a aussi une obligation de prévention. Elle connaît les risques liés à ses activités. Elle peut (et doit) contribuer à la rédaction du plan, notamment sur les moyens de prévention qu’elle mettra en œuvre.
- Vos collaborateurs, s’ils connaissent bien le terrain, peuvent vous aider à repérer les risques d’interférences.
- Des ressources externes sont disponibles : guides INRS, assistance des Carsat, consultants HSE indépendants si besoin.
Ce n’est pas un aveu de faiblesse que de se faire accompagner. C’est une marque de sérieux.
5.3 - Écrire pour être compris, pas pour impressionner
Un bon plan de prévention est avant tout un outil de communication entre les parties.
Il doit être :
- lisible,
- compréhensible,
- et exploitable par ceux qui vont le mettre en œuvre.
Évitez les formulations juridiques trop vagues.
Préférez les phrases simples et concrètes :
- « L’entreprise X intervient uniquement entre 8h et 12h, dans la zone de stockage, après signalement à l’accueil. »
- « Les deux entreprises conviennent de suspendre les activités en cas d’encombrement de la zone commune. »
Ce type de phrases vaut mieux qu’une page de généralités copiées-collées d’un ancien document.
5.4 - Le faire vivre
Un plan de prévention n’est pas figé.
Si l’intervention évolue, si de nouveaux risques apparaissent, ou si le calendrier change, le document doit être mis à jour.
C’est pourquoi il est important de :
- garder une version signée par les deux parties,
- conserver une trace des échanges,
- et prévoir un point d’ajustement si l’intervention dure plusieurs jours.
Trop souvent, le plan de prévention est rédigé une fois pour toutes… puis ignoré. C’est une erreur. Il doit rester un outil de pilotage, pas un simple justificatif.
En résumé :
Rédiger un plan de prévention, ce n’est pas “faire un papier”.
C’est préparer une intervention dans de bonnes conditions, en vous posant les bonnes questions avant qu’un accident ne vous les impose.
Et si vous le faites avec bon sens, rigueur et clarté, vous êtes déjà dans une vraie démarche de prévention.
6. Vos responsabilités en tant que dirigeant
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Quand on parle de prévention, il est tentant de penser que cela relève uniquement des techniciens, des chargés HSE, ou des prestataires eux-mêmes. Mais en réalité, la responsabilité commence tout en haut de l’organigramme.
Et si vous êtes dirigeant d’une entreprise sans service HSE, c’est à vous qu’il revient de veiller à la mise en œuvre du plan de prévention.
La loi est claire : vous êtes responsable, même sans être spécialiste
En cas d’accident lié à une intervention extérieure sur votre site, les autorités – inspection du travail, justice, assureurs – chercheront à savoir :
- Si les risques ont été identifiés et anticipés ;
- Si un plan de prévention a bien été réalisé lorsque la réglementation l’imposait ;
- Et surtout, qui a pris les décisions et qui avait autorité sur le site.
En tant que dirigeant, vous êtes le donneur d’ordre. Et à ce titre, vous êtes tenu à une obligation de sécurité de résultat, pas seulement de moyens.
Cela signifie que vous ne pouvez pas vous contenter de dire :
« Ce n’est pas moi qui ai fait le plan »
ou
« Je fais confiance à mes prestataires »
La confiance n’exonère pas la responsabilité.
Déléguer, oui… mais sans abandonner
Cela ne veut pas dire que vous devez tout faire vous-même.
Vous pouvez (et devez) déléguer certaines tâches :
- L’organisation de l’inspection commune,
- La rédaction technique du plan de prévention,
- Le suivi de l’intervention sur le terrain.
Mais cette délégation doit être claire, formalisée, et encadrée. Et elle ne vous dispense jamais du devoir de vigilance.
En pratique, cela implique :
- De désigner un référent pour les interventions extérieures, même si ce n’est pas son poste principal ;
- De s’assurer que le plan est bien en place et adapté avant le début des travaux ;
- De vous impliquer dans les cas les plus sensibles (travaux à risque, présence de plusieurs entreprises, coactivité en zones à enjeux…).
Ce que vous risquez concrètement
En cas d’accident, les conséquences peuvent être lourdes :
- Sur le plan humain, d’abord : blessure grave ou décès d’un intervenant, traumatisme pour vos équipes, atteinte à l’image de votre entreprise.
- Sur le plan juridique : mise en cause pour manquement à votre obligation de sécurité, avec des sanctions pénales possibles (amendes, voire prison en cas de faute caractérisée).
- Sur le plan économique : arrêt d’activité, perte de contrat, majoration des cotisations AT/MP, exclusion d’appels d’offres, etc.
Mais le plus important n’est peut-être pas ce que vous risquez…
C’est ce que vous pouvez éviter, en instaurant des pratiques simples et solides dès maintenant.
La prévention n’est pas une charge, c’est une assurance.
Et dans une petite entreprise, le dirigeant est souvent le premier maillon de la chaîne… mais aussi le plus décisif.
7. Bonnes pratiques pour ne pas subir
On peut très bien assurer une prévention efficace des interventions extérieures sans être expert du Code du travail, ni disposer d’une équipe HSE dédiée.
Ce qu’il faut, c’est une organisation simple, rigoureuse, et répétable. Voici quelques leviers concrets à mettre en place pour ne plus être pris au dépourvu… et surtout, pour éviter les mauvaises surprises.
7.1 - Centraliser les interventions à venir
Une intervention extérieure, ça se planifie.
Même un petit dépannage peut générer des risques. Pour cela :
- Tenez un registre (papier ou numérique) des interventions prévues : qui, quand, pourquoi, durée, interlocuteur.
- Anticipez dès la demande de prestation : demandez à votre prestataire une fiche descriptive des travaux envisagés et des moyens utilisés.
- Informez vos équipes internes dès qu’une intervention est prévue. Un salarié qui ne sait pas qu’une entreprise extérieure travaille dans son secteur peut devenir le maillon faible de la prévention.
Plus l’intervention est anticipée, plus elle est maîtrisée. Le pire plan de prévention, c’est celui qu’on fait en urgence, une heure avant l’arrivée du prestataire.
7. 2 - Désigner un référent coordination / sécurité
Vous n’avez pas de responsable HSE ? C’est normal.
Mais vous pouvez désigner, au sein de votre équipe, une personne de confiance pour :
- Assurer le lien avec les entreprises extérieures,
- Participer aux inspections communes,
- Vérifier que les consignes sont respectées pendant l’intervention.
Ce référent n’a pas besoin d’être expert. Il doit connaître le site, avoir de l’autorité, et disposer de quelques outils simples.
7.3 - Utiliser des modèles de documents clairs et personnalisables
Pas besoin de réinventer la roue à chaque fois.
- Créez ou téléchargez un modèle de plan de prévention adapté à votre type d’activité.
- Préparez des checklists simples pour les inspections communes, l’accueil sécurité, le suivi des travaux.
- Mettez en place un modèle de fiche d’accueil prestataire, même pour les interventions courtes.
L’important, c’est que vos documents soient compréhensibles, adaptés, et utilisés à bon escient.
7.4 - Tenir à jour vos plans de prévention
Un plan de prévention ne vaut que s’il est :
- Actualisé si l’intervention évolue,
- Connu des personnes concernées,
- Conservé (en version papier ou numérique) en cas de contrôle ou d’enquête.
Pensez à archiver les plans de prévention signés dans un dossier spécifique. Cela vous évitera bien des soucis en cas de litige.
7.5 - Prendre le temps d’un vrai accueil sécurité
Même pour une intervention de deux heures, le prestataire doit être accueilli :
- Indiquez-lui les règles du site,
- Remettez-lui les consignes utiles,
- Vérifiez qu’il connaît les risques spécifiques à la zone d’intervention,
- Demandez-lui ses autorisations (habilitation électrique, permis de feu, etc. si nécessaire).
Un accueil bien fait, c’est souvent le meilleur rempart contre les erreurs d’interprétation.
6. Faire de la prévention une habitude, pas une exception
L’objectif, ce n’est pas d’ajouter de la paperasse.
C’est de rendre la prévention naturelle dans le fonctionnement de l’entreprise :
- En instaurant des routines simples,
- En communiquant régulièrement avec vos équipes,
- En considérant chaque intervention extérieure comme un moment à sécuriser, et non comme un détail logistique.
Vous ne pouvez pas tout prévoir. Mais vous pouvez créer un cadre qui réduit considérablement les zones d’ombre.
En résumé :
Une bonne gestion des plans de prévention, ce n’est pas une question de taille d’entreprise, mais de posture.
Et la bonne nouvelle, c’est que cela ne demande ni gros moyens, ni expertises rares.
Juste du bon sens, de l’anticipation, et de la cohérence.
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Voici un modèle de plan de prévention conforme au Code du travail, prêt à remplir.
💡 N’oubliez pas de l’adapter à votre activité spécifique.
Un document non adapté est un document non utilisé… et donc inutile en cas de contrôle ou d’accident.
Conclusion
Le plan de prévention n’est pas un luxe réservé aux grands groupes. C’est une exigence légale, oui — mais c’est surtout une opportunité de reprendre la main sur les risques invisibles qui se glissent dans les interventions extérieures du quotidien.
En tant que dirigeant, même sans structure HSE, vous êtes en première ligne. Mais vous n’êtes pas démuni : avec quelques outils simples, une organisation claire et une attention sincère portée à la sécurité, vous pouvez transformer cette obligation en véritable levier de maîtrise.
Car ce document n’est pas un énième formulaire à remplir.
C’est un signal que l’entreprise prend la prévention au sérieux.
Qu’elle respecte ses partenaires et qu’elle n’attend pas l’accident pour réagir.
En fin de compte, le meilleur plan de prévention, c’est celui que l’on n’a jamais besoin de ressortir… parce qu’il a permis d’éviter ce qu’il devait prévenir.