matrice des risques cotation

Matrice des risques : comment construire une cotation pertinente ?

Introduction

Évaluer un risque ne consiste pas seulement à identifier un danger. Il faut également pouvoir apprécier son importance, comparer différentes situations et déterminer les actions de prévention à engager en priorité.

C’est précisément le rôle de la matrice des risques. Très utilisée dans le cadre de l’évaluation des risques professionnels et du DUERP, mais également dans de nombreuses méthodes d’analyse des risques, elle permet de positionner une situation selon plusieurs critères de cotation. Dans sa forme la plus courante, elle croise la gravité des conséquences avec la probabilité ou la fréquence, afin d’obtenir un niveau de criticité.

Le principe paraît simple :

Gravité × Probabilité = Criticité

Mais construire une matrice pertinente demande davantage que de choisir quelques chiffres et d’attribuer des couleurs aux résultats. Il faut définir des échelles suffisamment claires pour être comprises de la même manière par les utilisateurs, déterminer ce que chaque niveau signifie et, surtout, faire en sorte que le résultat obtenu permette réellement de hiérarchiser les risques et d’orienter les actions de prévention.

Une matrice 5 × 5 n’est donc pas nécessairement meilleure qu’une matrice 4 × 4. De la même manière, multiplier les critères ne rend pas automatiquement l’évaluation plus précise.

Dans cet article, nous allons voir comment construire une matrice des risques simple, cohérente et exploitable, depuis la définition des critères de gravité et de probabilité jusqu’au calcul de la criticité et à son utilisation dans un plan d’action.

À noter : nous resterons volontairement sur les principes fondamentaux de la cotation. Selon la nature des risques analysés, d’autres critères peuvent être pertinents : fréquence d’exposition, occurrence, possibilité d’évitement, détectabilité, niveau de maîtrise ou encore efficacité des barrières. Leur choix et leurs limites feront l’objet d’un article spécifique consacré aux critères de cotation des risques.

Qu’est-ce qu’une matrice des risques ?

Une matrice des risques est un outil permettant d’évaluer et de hiérarchiser des risques à partir de critères préalablement définis. Elle est notamment utilisée dans le cadre de l’évaluation des risques professionnels et du DUERP, mais également dans de nombreuses méthodes d’analyse des risques en industrie, en gestion de projet ou en sûreté de fonctionnement.

Elle fournit une représentation visuelle du niveau de risque et facilite l’identification des situations nécessitant une action prioritaire.

Dans sa forme la plus courante, elle croise deux dimensions :

  • la gravité, qui représente l’importance des conséquences potentielles ;
  • la probabilité ou la fréquence, selon la méthode de cotation retenue.

Le croisement de ces deux critères permet d’obtenir un niveau de criticité.

Par exemple, avec une cotation sur quatre niveaux :

Gravité 3 × Probabilité 2 = Criticité 6

Ce résultat peut ensuite être positionné dans une matrice de criticité et associé à un niveau de priorité : faible, modéré, important ou critique.

À quoi sert une matrice des risques ?

L’objectif d’une matrice n’est pas simplement d’attribuer une note à chaque risque. Elle doit avant tout permettre de structurer l’évaluation et faciliter la prise de décision.

Elle peut notamment servir à :

  • comparer des situations de risques différentes ;
  • identifier les risques nécessitant une action prioritaire ;
  • définir des seuils d’acceptabilité ou de traitement ;
  • objectiver autant que possible les échanges entre les personnes participant à l’évaluation ;
  • suivre l’évolution d’un risque après la mise en place de mesures de prévention.

La matrice constitue ainsi un outil d’aide à la hiérarchisation. Le score obtenu n’est pas une mesure absolue du risque : il prend son sens à travers les critères, les échelles et les règles de décision définis par l’organisation.

Cotation, criticité et niveau de risque : de quoi parle-t-on ?

Ces termes sont souvent utilisés indifféremment alors qu’ils ne désignent pas exactement la même chose.

La cotation correspond à l’attribution d’un niveau ou d’une valeur aux différents critères retenus : par exemple une gravité de 3 et une probabilité de 2.

La criticité correspond au résultat obtenu par leur combinaison. Dans une méthode multiplicative simple :

Criticité = Gravité × Probabilité

Le niveau de risque correspond enfin à l’interprétation de cette criticité selon les règles définies dans la matrice. Une criticité de 6 pourra, par exemple, correspondre à un risque modéré nécessitant une action planifiée.

C’est donc moins le chiffre lui-même qui importe que ce qu’il signifie et ce qu’il déclenche en matière de prévention.

Comment fonctionne une matrice des risques ?

Le fonctionnement d’une matrice des risques repose sur le croisement de plusieurs critères de cotation afin de déterminer un niveau de criticité. Dans sa forme la plus simple, deux critères sont généralement utilisés : la gravité et la probabilité.

La formule peut alors s’écrire :

Criticité = Gravité × Probabilité

Certaines méthodes utilisées pour l’évaluation des risques professionnels remplacent la probabilité par un critère de fréquence :

Criticité = Gravité × Fréquence

Chaque critère est évalué selon une échelle prédéfinie, par exemple de 1 à 4. Le croisement des deux valeurs permet ensuite de positionner le risque dans une matrice de criticité.

Ainsi, avec une échelle de 1 à 4 :

  • une gravité de 1 associée à une probabilité de 1 donne une criticité de 1 ;
  • une gravité de 3 associée à une probabilité de 2 donne une criticité de 6 ;
  • une gravité de 4 associée à une probabilité de 4 donne une criticité de 16.

La criticité obtenue est ensuite associée à un niveau de risque et à une règle de décision. À titre d’exemple :

CriticitéNiveau de risqueDécision possible
1 à 3FaibleMaintenir les mesures existantes et surveiller
4 à 6ModéréExaminer les améliorations possibles
8 à 9ImportantDéfinir et planifier des actions de réduction
12 à 16CritiqueTraiter le risque en priorité

Ces seuils sont uniquement un exemple de construction. Ils ne constituent pas une grille réglementaire universelle. Chaque organisation doit définir des niveaux cohérents avec sa méthode d’évaluation et les décisions qu’elle souhaite associer à chaque niveau de risque.

Probabilité ou fréquence : faut-il choisir ?

Les deux termes sont régulièrement utilisés dans les grilles de cotation des risques, parfois comme s’ils étaient interchangeables. Ils ne recouvrent pourtant pas nécessairement la même réalité.

Une fréquence peut, par exemple, représenter la fréquence à laquelle un salarié réalise une activité ou se trouve exposé à une situation dangereuse. Une probabilité cherche plutôt à apprécier la vraisemblance qu’un événement défini survienne.

Cette distinction peut avoir une influence importante sur le résultat de l’évaluation.

Pour une tâche réalisée quotidiennement, la fréquence d’exposition peut être élevée sans que l’événement accidentel soit lui-même fréquent.

Il n’existe donc pas de règle imposant systématiquement de choisir l’un ou l’autre. L’essentiel est de définir précisément ce que mesure le critère retenu et d’appliquer cette définition de manière cohérente à l’ensemble de l’évaluation.

Nous reviendrons plus en détail sur cette question dans l’article consacré au choix des critères de cotation.

Comment définir l’échelle de gravité ?

La gravité représente l’importance des conséquences potentielles associées au risque évalué. Elle constitue généralement l’un des deux axes principaux d’une matrice des risques.

Pour pouvoir comparer les risques entre eux, il est nécessaire de définir une échelle de gravité commune. Une cotation sur quatre niveaux peut, par exemple, être construite ainsi :

NiveauGravitéExemple de conséquences
1FaibleBlessure légère, soins simples, sans arrêt
2ModéréeBlessure nécessitant des soins médicaux, accident avec arrêt
3GraveBlessure grave, incapacité permanente possible
4Très graveDécès ou conséquences graves pour plusieurs personnes

Cette grille n’est qu’un exemple. Les définitions doivent être adaptées à l’activité, aux risques et au contexte de l’entreprise.

Une organisation tertiaire, un atelier de maintenance et un site industriel à risques ne rencontreront pas nécessairement les mêmes situations et peuvent donc avoir intérêt à utiliser des définitions différentes.

Des niveaux suffisamment précis pour limiter l’interprétation

 Une échelle de gravité doit permettre à deux personnes évaluant une même situation d’aboutir, autant que possible, au même niveau.

Des définitions comme :

1 — faible
2 — moyen
3 — grave
4 — très grave

sont insuffisantes si elles ne sont accompagnées d’aucun critère permettant de distinguer les niveaux.

Il est préférable d’utiliser des éléments observables ou suffisamment explicites : nécessité de soins, arrêt de travail, incapacité permanente, décès, par exemple.

L’objectif n’est pas de supprimer totalement le jugement de l’évaluateur, mais de réduire les écarts d’interprétation et d’assurer une cotation cohérente dans l’ensemble du DUERP.

Quelle gravité retenir lorsqu’un événement peut avoir plusieurs conséquences ?

C’est l’une des principales difficultés de la cotation.

Une chute, par exemple, peut provoquer une simple contusion, une fracture ou, dans certaines circonstances, avoir des conséquences beaucoup plus graves.

La méthode de cotation doit donc préciser quelle conséquence doit être retenue pour attribuer le niveau de gravité. Sans cette règle, deux évaluateurs peuvent parfaitement attribuer des cotations différentes à une même situation tout en utilisant exactement la même échelle.

Il faut notamment éviter deux extrêmes : retenir systématiquement la conséquence la plus bénigne ou, à l’inverse, attribuer la gravité maximale dès lors qu’une conséquence très grave est théoriquement possible.

La conséquence retenue doit être cohérente avec le scénario évalué et raisonnablement envisageable compte tenu des conditions de travail considérées.

Cette question devient particulièrement importante lorsque l’on souhaite approfondir sa méthode de cotation : avant de coter la gravité d’un risque, il faut avoir suffisamment défini le scénario auquel cette gravité se rapporte.

La gravité ne dépend pas de la fréquence d’exposition

La gravité décrit l’importance des conséquences du scénario considéré. Elle ne doit pas augmenter simplement parce qu’une tâche est réalisée fréquemment.

Par exemple, si une opération peut entraîner une fracture, cette conséquence reste la même qu’elle soit réalisée une fois par mois ou plusieurs fois par jour. C’est le niveau d’exposition ou la probabilité de survenue qui évolue, pas nécessairement la gravité de la conséquence.

Cette distinction est importante pour éviter de prendre en compte deux fois une même dimension du risque dans la cotation.

Gravité : quelle peut être l’importance des conséquences ?
Probabilité ou fréquence : quelle est la vraisemblance du scénario ou à quelle fréquence y est-on exposé ?

Les deux critères doivent donc être définis séparément avant d’être combinés dans la matrice.

Comment définir l’échelle de probabilité ou de fréquence ?

Après la gravité, le second critère utilisé dans une matrice des risques vise généralement à apprécier la possibilité de survenue du risque. Selon les méthodes, ce critère est appelé probabilité, fréquence ou parfois fréquence d’exposition.

Ces termes ne décrivent pourtant pas exactement la même chose. Avant de construire l’échelle de cotation, il est donc essentiel de préciser ce que l’on souhaite mesurer.

Évaluer la probabilité

La probabilité cherche à apprécier la vraisemblance qu’un événement défini survienne.

Dans une méthode simple de cotation des risques professionnels, une échelle qualitative peut par exemple être utilisée :

NiveauProbabilitéDéfinition
1Très improbableL’événement est exceptionnel dans les conditions considérées
2Peu probableL’événement peut survenir mais reste peu vraisemblable
3ProbableL’événement peut raisonnablement survenir
4Très probableL’événement est susceptible de survenir fréquemment ou les conditions favorisant sa survenue sont régulièrement réunies

Cette échelle reste qualitative. Attribuer une valeur de 4 plutôt que 2 ne signifie pas que l’événement est mathématiquement deux fois plus probable.

C’est un point important : dans une matrice de risques classique, les chiffres servent principalement à classer des situations selon des niveaux prédéfinis, et non à exprimer une probabilité statistique précise.

Évaluer la fréquence d’exposition

Une autre approche consiste à s’intéresser à la fréquence à laquelle le salarié est exposé à la situation dangereuse.

Une grille de cotation peut alors prendre cette forme :

NiveauFréquence d’expositionExemple
1RareQuelques fois par an
2OccasionnelleQuelques fois par mois
3FréquentePlusieurs fois par semaine
4Très fréquenteQuotidienne ou plusieurs fois par jour

Les seuils doivent évidemment être adaptés aux activités de l’entreprise.

Dans un DUERP, cette approche peut être pratique parce que la fréquence d’exposition est souvent plus facile à apprécier à partir du travail réel qu’une probabilité d’accident.

Être exposé fréquemment ne signifie pas que l’accident est fréquent

C’est probablement la distinction la plus importante à conserver.

Un salarié peut emprunter un escalier plusieurs fois par jour. Sa fréquence d’exposition à la situation est donc élevée.

Cela ne signifie évidemment pas qu’il a une forte probabilité de tomber à chaque passage.

De la même manière, une opération de maintenance peut n’être réalisée qu’une fois par an tout en présentant, lorsqu’elle est réalisée, des conditions particulièrement favorables à la survenue d’un événement dangereux.

La fréquence d’exposition décrit combien de fois la situation est rencontrée. La probabilité cherche à caractériser la vraisemblance de survenue d’un événement.

Les deux informations peuvent être liées, mais elles ne sont pas interchangeables.

Quelle approche choisir pour une matrice DUERP ?

Il n’existe pas une échelle universelle applicable à toutes les entreprises. Pour une grille de cotation DUERP, le plus important est de choisir un critère compréhensible par les personnes qui réalisent l’évaluation et suffisamment adapté aux situations de travail rencontrées.

Une entreprise peut ainsi utiliser une matrice Gravité × Fréquence d’exposition, tandis qu’une autre retiendra Gravité × Probabilité.

Dans les deux cas, les définitions doivent être explicites et utilisées de manière cohérente dans toutes les unités de travail.

Pour certaines activités ou certains risques plus complexes, distinguer exposition, occurrence et probabilité peut devenir pertinent. Mais dans ce cas, la question n’est plus simplement d’ajouter des coefficients à la formule : il faut s’interroger sur la manière dont le risque est réellement caractérisé.

C’est précisément ce que nous développerons dans l’article consacré au choix des critères de cotation des risques.

Comment calculer la criticité d’un risque ?

Une fois les niveaux de gravité et de probabilité ou de fréquence déterminés, ils peuvent être combinés afin d’obtenir la criticité du risque.

Dans une matrice simple, la méthode la plus courante consiste à multiplier les deux valeurs :

Criticité = Gravité × Probabilité

Avec une échelle allant de 1 à 4, la criticité peut donc varier de 1 à 16.

Prenons l’exemple d’une situation évaluée avec :

  • Gravité = 3 : conséquence grave ;
  • Probabilité = 2 : événement peu probable.

La criticité obtenue est :

3 × 2 = 6

Le résultat est ensuite positionné dans la matrice de criticité afin de déterminer le niveau de risque et la priorité associée.

Construire une matrice de criticité 4 × 4

 Avec quatre niveaux de gravité et quatre niveaux de probabilité, on obtient par exemple :

Gravité↓ / Probabilité→1 Très improbable2 Peu probable3 Probable4 Très probable
4 – Très grave481216
3 – Grave36912
2 – Modérée2468
1 – Faible1234

La matrice permet de visualiser immédiatement que plusieurs combinaisons peuvent conduire à une même criticité.

Un risque de gravité 4 et probabilité 2 obtient ainsi une criticité de 8, tout comme un risque de gravité 2 et probabilité 4.

Le score est identique, mais les deux situations ne sont pas nécessairement équivalentes : l’une correspond à un événement peu probable aux conséquences potentiellement très graves, l’autre à un événement beaucoup plus probable aux conséquences plus limitées.

C’est pourquoi le score ne doit jamais faire disparaître les critères qui ont permis de l’obtenir.

Transformer la criticité en niveau de priorité

Calculer une criticité n’a d’intérêt que si le résultat permet ensuite de prendre une décision.

L’entreprise doit donc définir des seuils de criticité et préciser ce que chaque niveau implique. Par exemple :

CriticitéNiveauExemple de règle de décision
1 à 3FaibleMaintenir les mesures existantes et surveiller
4 à 6ModéréRechercher des améliorations et planifier si nécessaire
8 à 9ImportantMettre en place des actions de réduction du risque
12 à 16CritiqueTraiter la situation en priorité

Ces seuils sont donnés à titre d’exemple. Il n’existe pas de grille réglementaire imposant qu’une criticité de 8 soit « importante » ou qu’un risque supérieur à 12 soit « critique ».

L’organisation doit définir ses propres règles en cohérence avec sa méthode d’évaluation des risques professionnels, son activité et le niveau de maîtrise recherché.

Attention aux seuils purement mathématiques

 Une matrice ne doit pas être construite uniquement en découpant mécaniquement les résultats en quatre zones.

Prenons deux cotations :

G4 × P1 = 4
G1 × P4 = 4

Mathématiquement, leur criticité est identique.

Pour autant, une entreprise peut parfaitement décider qu’un scénario susceptible d’entraîner un décès, même très improbable, nécessite une attention particulière et ne doit pas être traité de la même manière qu’un événement fréquent aux conséquences mineures.

Les règles de décision peuvent donc compléter le score. Une organisation peut, par exemple, définir qu’aucun risque présentant une gravité maximale ne peut être considéré comme faible, quelle que soit sa criticité calculée.

C’est un point important : la matrice doit servir la décision, et non l’inverse.

Matrice 3×3, 4×4 ou 5×5 : laquelle choisir ?

Une fois les critères définis, reste une question très pratique : combien de niveaux faut-il utiliser dans une matrice des risques ?

Les matrices 3×3, 4×4 et 5×5 sont parmi les plus courantes. Le choix dépend essentiellement du niveau de finesse recherché et surtout de la capacité des évaluateurs à distinguer réellement les différents niveaux.

MatriceAvantagesLimites
3×3Très simple, rapide à utiliserFaible capacité de différenciation
4×4Bon compromis entre simplicité et finesseNécessite des critères suffisamment précis
5×5Permet davantage de niveaux de criticitéRisque de complexité et de fausse précision

Une matrice 5×5 n’est pas nécessairement plus précise

Ajouter des niveaux peut donner l’impression d’améliorer la qualité de l’évaluation des risques. Encore faut-il être capable de les distinguer de manière suffisamment fiable.

Prenons une échelle de probabilité à cinq niveaux :

  1. Très improbable
  2. Improbable
  3. Possible
  4. Probable
  5. Très probable

Sur le papier, la gradation paraît logique. Mais dans la pratique, quelle différence précise permet à un évaluateur de choisir 2 plutôt que 3, ou 3 plutôt que 4 ?

Si les définitions ne permettent pas de répondre clairement à cette question, les niveaux supplémentaires apportent surtout davantage de subjectivité.

Une matrice 4×4 bien définie peut donc être plus pertinente qu’une matrice 5×5 dont les niveaux sont difficiles à différencier.

Choisir le nombre de niveaux en fonction de son besoin

Pour une grille de cotation DUERP, l’objectif n’est pas d’obtenir le score le plus précis possible, mais de disposer d’une méthode suffisamment discriminante pour hiérarchiser les risques professionnels et orienter les actions de prévention.

Le nombre de niveaux doit donc permettre :

  • aux utilisateurs de comprendre facilement les critères ;
  • de distinguer suffisamment les situations évaluées ;
  • d’obtenir une cotation relativement homogène entre évaluateurs ;
  • de définir des niveaux de priorité réellement exploitables.

Il n’existe donc pas de nombre de cases idéal applicable à toutes les organisations.

Le bon niveau de précision n’est pas celui qui produit le plus de valeurs possibles, mais celui que les évaluateurs sont réellement capables d’utiliser de manière cohérente.

Pour une méthode générale d’évaluation des risques professionnels, une matrice 4×4 constitue souvent un compromis simple et lisible. Une matrice plus détaillée peut toutefois être pertinente lorsque les critères et les règles de cotation permettent réellement d’exploiter cette finesse supplémentaire.

Comment prendre en compte les mesures de prévention existantes ?

Lorsqu’un risque est évalué dans le cadre du DUERP, les mesures de prévention déjà en place doivent être prises en compte. Une machine peut être équipée d’un protecteur, un produit chimique manipulé sous aspiration ou une intervention réalisée selon une procédure spécifique.

La difficulté consiste à déterminer à quel moment et de quelle manière ces mesures interviennent dans la cotation.

Risque initial et risque résiduel

Une approche consiste à distinguer deux niveaux :

  • le risque initial ou risque brut, évalué avant prise en compte des mesures de prévention existantes ;
  • le risque résiduel, qui correspond au niveau de risque restant après prise en compte des mesures effectivement en place.

Cette distinction permet notamment de visualiser l’effet attendu des mesures de prévention et d’identifier les situations pour lesquelles le niveau de risque reste insuffisamment maîtrisé.

Par exemple :

ÉvaluationGravitéProbabilitéCriticité
Risque initial4312
Après mesures de prévention414

Dans cet exemple, les mesures mises en place réduisent la probabilité de survenue de l’événement, mais ne modifient pas la gravité potentielle de ses conséquences.

Cette distinction est importante : une mesure de prévention n’agit pas nécessairement sur tous les paramètres du risque.

Une mesure de prévention ne réduit pas automatiquement la cotation

Certaines méthodes ajoutent directement un coefficient de maîtrise au calcul :

Risque = Gravité × Probabilité × Maîtrise

Cette approche peut être utilisée, mais elle nécessite de définir précisément ce que représente le niveau de maîtrise.

La simple présence d’une mesure ne signifie pas nécessairement que le risque est effectivement maîtrisé.

Une procédure peut exister sans être appliquée. Un équipement de protection peut être disponible mais mal utilisé. Un dispositif technique peut être installé sans être correctement entretenu.

Il faut donc s’intéresser à l’efficacité réelle des mesures existantes, et pas uniquement à leur présence dans le DUERP.

Prendre en compte la hiérarchie des mesures de prévention

Toutes les mesures ne présentent pas non plus le même niveau de robustesse.

La suppression du danger ou une protection technique intégrée ne doit pas être appréciée de la même manière qu’une consigne, une formation ou le port d’un équipement de protection individuelle.

Lors de l’évaluation, il est donc utile de se demander :

  • la mesure agit-elle directement sur le danger ?
  • réduit-elle l’exposition ?
  • réduit-elle la probabilité de survenue de l’événement ?
  • limite-t-elle uniquement ses conséquences ?
  • dépend-elle fortement du comportement humain ?
  • son efficacité est-elle vérifiée et maintenue dans le temps ?

Cette réflexion permet d’éviter qu’un risque important devienne artificiellement « faible » simplement parce que plusieurs mesures de prévention ont été renseignées.

Prendre en compte une mesure de prévention ne consiste pas à cocher son existence, mais à apprécier son effet réel sur le risque.

Dans une matrice de risques utilisée pour le DUERP, la méthode retenue doit donc préciser clairement comment les mesures existantes interviennent dans la cotation et comment est déterminé le risque résiduel.

Exemple complet de cotation d’un risque dans le DUERP

Prenons maintenant un exemple concret afin d’appliquer les différentes étapes de la cotation des risques.

Un salarié utilise régulièrement un escabeau pour accéder à des produits stockés en hauteur. L’évaluation identifie un risque de chute de hauteur.

1. Décrire la situation dangereuse

Avant d’attribuer une cotation, il est nécessaire de décrire suffisamment la situation de travail :

Utilisation d’un escabeau plusieurs fois par semaine pour prendre et déposer des produits sur des rayonnages situés en hauteur.

Le danger ne doit pas être évalué de manière abstraite. Ce sont les conditions réelles d’exposition des salariés qui permettent d’apprécier le risque.

2. Évaluer la gravité

Dans notre exemple, une chute depuis l’escabeau peut entraîner des blessures importantes.

Selon l’échelle de gravité définie précédemment, l’entreprise retient :

Gravité = 3 — Grave

La règle utilisée pour déterminer cette gravité doit rester la même pour l’ensemble des risques évalués dans le DUERP.

3. Évaluer la fréquence d’exposition

L’utilisation de l’escabeau intervient plusieurs fois par semaine.

Selon notre exemple d’échelle :

Fréquence = 3 — Fréquente

La criticité initiale est donc :

G3 × F3 = 9

La matrice classe cette situation parmi les risques importants nécessitant la mise en place d’actions de prévention.

4. Identifier les mesures de prévention

L’analyse ne doit pas s’arrêter au score obtenu.

Il faut rechercher comment réduire le risque en privilégiant les mesures agissant le plus directement possible sur la situation de travail.

Dans notre exemple, plusieurs solutions peuvent être envisagées :

  • réorganiser le stockage pour placer les produits fréquemment utilisés à hauteur accessible ;
  • supprimer autant que possible la nécessité d’utiliser l’escabeau ;
  • utiliser un équipement d’accès mieux adapté lorsque le travail en hauteur reste nécessaire ;
  • définir les conditions d’utilisation et vérifier l’état des équipements.

La première question n’est donc pas nécessairement : « Comment sécuriser davantage l’utilisation de l’escabeau ? », mais plutôt : « Peut-on supprimer ou réduire le besoin de travailler en hauteur ? »

5. Réévaluer le risque après les actions

Supposons que la réorganisation du stockage permette de limiter l’utilisation de l’équipement d’accès à quelques opérations occasionnelles.

La gravité potentielle d’une chute reste identique :

Gravité = 3

En revanche, la fréquence d’exposition diminue :

Fréquence = 1

La nouvelle criticité devient :

G3 × F1 = 3

SituationGravitéFréquenceCriticité
Situation initiale339
Après réorganisation313

Cet exemple montre l’intérêt de la matrice : la cotation ne constitue pas une fin en soi. Elle permet d’identifier une priorité, de guider la recherche de mesures de prévention puis d’apprécier l’évolution du niveau de risque après leur mise en œuvre.

Dans le DUERP, cette logique permet de conserver le lien entre situation de travail, évaluation du risque, mesures de prévention et plan d’action.

Comment utiliser une matrice des risques dans le DUERP ?

La matrice des risques est fréquemment utilisée pour construire ou mettre à jour le Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP). Elle permet de disposer d’une méthode commune pour évaluer les situations identifiées dans les différentes unités de travail et faciliter leur hiérarchisation.

Il est toutefois important de rappeler que le Code du travail n’impose pas l’utilisation d’une matrice de cotation particulière. L’obligation porte sur l’évaluation des risques pour la santé et la sécurité des travailleurs et sur la transcription des résultats dans le DUERP.

L’entreprise reste donc libre de définir une méthode d’évaluation adaptée à son activité et à ses risques.

De l’identification du risque à la cotation

La matrice intervient après un travail indispensable : identifier les dangers et analyser les situations réelles de travail.

Une démarche peut ainsi suivre la logique suivante :

Unité de travail → Danger → Situation dangereuse → Risque → Cotation → Mesures existantes → Actions de prévention

La cotation ne doit donc pas remplacer l’analyse de la situation.

Écrire simplement :

Chute de hauteur – G3 × F2 = 6

apporte relativement peu d’informations si le DUERP ne précise pas dans quelles circonstances les salariés sont exposés, lors de quelles activités et avec quelles mesures de prévention existantes.

Hiérarchiser les risques professionnels

Lorsque la même méthode est appliquée aux différentes unités de travail, la matrice facilite la comparaison des résultats et permet de faire ressortir les risques professionnels prioritaires.

Cette hiérarchisation peut ensuite aider l’entreprise à déterminer :

  • les situations nécessitant une action immédiate ;
  • les actions de prévention à programmer ;
  • les mesures existantes à renforcer ;
  • les risques nécessitant une analyse plus approfondie ;
  • les situations devant faire l’objet d’un suivi particulier.

L’intérêt du score est donc essentiellement de faciliter la priorisation.

Il ne doit toutefois pas conduire à ignorer automatiquement les risques présentant une cotation plus faible. Certaines situations peuvent nécessiter une action indépendamment du score obtenu, notamment en présence d’une exigence réglementaire, d’une exposition à certains agents dangereux ou d’une situation susceptible d’entraîner des conséquences particulièrement graves.

De la cotation au plan d’action

 Une grille de cotation DUERP n’a réellement d’intérêt que si elle débouche sur des mesures de prévention.

Pour chaque risque nécessitant une amélioration, l’évaluation doit permettre de passer de :

« Quel est le niveau de risque ? »

à :

« Que devons-nous faire pour supprimer ou réduire ce risque ? »

Les actions doivent ensuite être priorisées, attribuées, suivies et réévaluées après leur mise en œuvre.

La matrice devient ainsi un outil permettant de relier l’évaluation des risques professionnels à la démarche de prévention, plutôt qu’un simple tableau destiné à produire des scores et des couleurs.

Le DUERP n’a pas pour objectif de classer les risques pour les classer : l’évaluation doit permettre d’agir sur les situations de travail.

Les erreurs fréquentes dans une matrice des risques

Une matrice des risques peut être simple à construire. Elle est en revanche beaucoup plus difficile à rendre cohérente dans le temps et entre les différents évaluateurs.

Certaines erreurs peuvent fortement influencer les résultats de la cotation et, par conséquent, la hiérarchisation des risques professionnels.

Utiliser des critères trop vagues

Une échelle définie uniquement par :

1 = faible – 2 = moyen – 3 = important – 4 = très important

laisse une grande place à l’interprétation.

Les niveaux de gravité, de probabilité ou de fréquence doivent être accompagnés de définitions suffisamment précises pour guider l’évaluateur.

Confondre fréquence d’exposition et probabilité

Une activité réalisée quotidiennement implique une fréquence d’exposition élevée, mais cela ne signifie pas nécessairement que l’événement accidentel est très probable.

Cette confusion peut conduire à surévaluer ou sous-évaluer certaines situations.

La méthode doit donc préciser clairement ce qui est coté : fréquence de l’activité, fréquence d’exposition à une situation dangereuse ou probabilité de survenue d’un événement.

Multiplier les niveaux pour donner une impression de précision

Une matrice 5×5 ou une cotation comportant plusieurs critères peut sembler plus précise qu’une méthode simple.

Mais cette précision n’est réelle que si les utilisateurs sont capables de distinguer objectivement les différents niveaux.

Ajouter des niveaux difficiles à différencier augmente surtout les écarts entre évaluateurs.

Considérer le score comme une mesure exacte du risque

Une criticité de 12 n’est pas nécessairement deux fois plus importante qu’une criticité de 6.

Dans la plupart des matrices utilisées pour le DUERP, les valeurs numériques représentent des classes de cotation. Elles permettent de classer et de hiérarchiser les situations, mais ne constituent pas une mesure quantitative exacte du risque.

Le chiffre doit donc rester un outil d’aide à la décision, et non devenir la décision elle-même.

Définir des seuils de criticité uniquement à partir du résultat mathématique

Deux situations différentes peuvent obtenir exactement le même score.

G4 × P2 = 8
G2 × P4 = 8

Pour autant, elles ne présentent pas nécessairement les mêmes enjeux de prévention.

Il peut être pertinent de compléter la matrice par certaines règles de décision, notamment pour éviter qu’un scénario aux conséquences potentiellement très graves soit considéré comme acceptable uniquement parce que sa probabilité a été cotée faible.

Surévaluer l’efficacité des mesures existantes

La présence d’une procédure, d’un EPI ou d’une protection technique ne signifie pas automatiquement que le risque est maîtrisé.

Pour être prise en compte dans l’évaluation, une mesure doit être adaptée, effectivement mise en œuvre et maintenue dans le temps.

Une cotation trop favorable des mesures existantes peut conduire à faire artificiellement disparaître des risques importants du plan d’action.

Chercher à faire entrer tous les risques dans la même matrice

Enfin, une matrice générale de cotation n’est pas nécessairement adaptée à toutes les situations.

Certains risques nécessitent des méthodes spécifiques ou des critères différents : risque chimique, sécurité des machines, ergonomie, risques psychosociaux ou encore risques liés aux procédés industriels.

Lorsqu’une situation devient difficile à représenter correctement avec la matrice utilisée dans le DUERP, la bonne réponse n’est pas toujours d’ajouter de nouveaux coefficients.

Il peut être plus pertinent de changer ou de compléter la méthode d’analyse que de complexifier indéfiniment la cotation.

Matrice des risques et DUERP : que dit la réglementation ?

La réglementation française impose à l’employeur d’évaluer les risques professionnels, mais elle ne lui impose pas d’utiliser une matrice des risques ni une méthode de cotation particulière.

L’article L. 4121-2 du Code du travail inscrit parmi les principes généraux de prévention l’obligation d’« évaluer les risques qui ne peuvent pas être évités ». Cette évaluation constitue donc l’un des fondements de la démarche de prévention de l’entreprise.

L’article L. 4121-3 précise que l’employeur, compte tenu de la nature des activités de l’établissement, évalue les risques pour la santé et la sécurité des travailleurs. Cette évaluation doit notamment prendre en compte les procédés de fabrication, les équipements de travail, les substances ou préparations chimiques, l’aménagement des lieux de travail, l’organisation du travail et la définition des postes.

Enfin, l’article R. 4121-1 impose à l’employeur de transcrire et de mettre à jour dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) les résultats de cette évaluation. Le texte précise également que celle-ci comporte un inventaire des risques identifiés dans chaque unité de travail de l’entreprise ou de l’établissement.

Aucune formule de cotation n’est imposée

Le Code du travail ne définit donc pas :

  • d’échelle de gravité obligatoire ;
  • d’échelle de fréquence ou de probabilité obligatoire ;
  • de formule du type Gravité × Probabilité ;
  • de matrice 3×3, 4×4 ou 5×5 ;
  • de seuil réglementaire de criticité.

La matrice des risques est une méthode d’aide à l’évaluation et à la hiérarchisation choisie par l’entreprise. Elle doit permettre de répondre à l’obligation d’évaluation, mais sa structure n’est pas fixée par la réglementation.

L’entreprise dispose donc d’une marge de manœuvre importante pour construire sa méthode de cotation. Cette liberté implique toutefois que la méthode retenue soit cohérente avec les risques réellement rencontrés et suffisamment robuste pour permettre d’orienter les mesures de prévention.

À retenir : le Code du travail impose d’évaluer les risques, pas de leur attribuer une note. La matrice est un outil au service de cette évaluation, et non une exigence réglementaire en elle-même.

 

Une matrice simple suffit-elle pour tous les risques ?

Une matrice fondée sur la gravité et la probabilité ou la fréquence peut parfaitement répondre au besoin d’une démarche générale d’évaluation des risques professionnels. Elle offre une méthode commune, compréhensible et suffisamment simple pour hiérarchiser de nombreuses situations de travail dans le DUERP.

Mais cette simplicité a nécessairement des limites.

Certains risques sont difficiles à caractériser correctement avec seulement deux critères. Selon la situation analysée, d’autres dimensions peuvent devenir importantes :

  • la fréquence ou la durée d’exposition au danger ;
  • l’occurrence d’un événement ou d’une défaillance ;
  • la possibilité d’éviter ou de limiter le dommage ;
  • la détectabilité d’une défaillance ou d’une situation dangereuse ;
  • le nombre de personnes exposées ;
  • le niveau de maîtrise du risque ;
  • la présence et l’efficacité des barrières de sécurité.

Ces critères ne doivent toutefois pas être ajoutés automatiquement à une formule dans l’espoir d’obtenir une cotation plus précise.

Une matrice utilisant cinq ou six paramètres n’est pas nécessairement plus pertinente qu’une matrice Gravité × Probabilité correctement construite. Chaque critère supplémentaire doit apporter une information utile à l’analyse et répondre à un besoin clairement identifié.

Adapter la méthode à la nature du risque

Toutes les analyses ne cherchent pas à caractériser exactement la même chose.

Une évaluation générale des risques professionnels peut chercher avant tout à identifier et hiérarchiser les situations nécessitant des actions de prévention.

Une AMDEC s’intéressera notamment aux modes de défaillance, à leur occurrence et éventuellement à leur détectabilité.

Une analyse de sécurité des machines pourra prendre en compte l’exposition à un phénomène dangereux et la possibilité d’éviter le dommage.

Une analyse de risques industriels ou de Process Safety pourra nécessiter de raisonner en scénarios, événements initiateurs, conséquences et barrières de sécurité.

Les critères pertinents dépendent donc autant de la nature du risque que de l’objectif poursuivi par l’analyse.

Ne pas complexifier la matrice lorsque c’est la méthode qui doit évoluer

Lorsqu’une matrice simple ne permet plus de représenter correctement une situation, la tentation peut être d’ajouter successivement de nouveaux coefficients.

Gravité × Fréquence × Occurrence × Maîtrise × Détectabilité…

Cette complexification n’améliore pas nécessairement l’évaluation. Elle peut au contraire rendre la méthode difficile à comprendre et donner une impression de précision que les données disponibles ne permettent pas réellement d’atteindre.

Dans certaines situations, il est préférable de compléter la cotation par une méthode d’analyse plus adaptée plutôt que de chercher à faire entrer toute la complexité du risque dans un score unique.

Une bonne matrice n’est donc pas celle qui comporte le plus de critères. C’est celle qui est suffisamment simple pour être utilisée de manière cohérente, tout en étant suffisamment adaptée aux risques qu’elle doit permettre d’évaluer.

C’est également pourquoi le choix des critères mérite d’être traité séparément. Gravité, fréquence, probabilité, exposition, occurrence, possibilité d’évitement ou détectabilité ne décrivent pas la même dimension du risque.

Dans un prochain article, nous verrons donc comment choisir et adapter les critères de cotation à la nature des risques évalués, et surtout ce que chacun d’entre eux permet réellement de mesurer.

FAQ – Matrice des risques

Comment calculer une matrice des risques ?

Une matrice des risques croise généralement deux critères : la gravité des conséquences et la probabilité ou la fréquence. Dans une méthode simple, les valeurs attribuées aux deux critères sont multipliées pour obtenir une criticité. Par exemple, une gravité de 3 et une probabilité de 2 donnent une criticité de 6.

Quelle différence entre une matrice des risques et une matrice de criticité ?

Les deux expressions sont souvent utilisées pour désigner le même outil. La criticité correspond au résultat de la combinaison des critères de cotation, tandis que la matrice permet de représenter les différentes combinaisons possibles et les niveaux de risque associés.

Quelle matrice choisir : 3×3, 4×4 ou 5×5 ?

Il n’existe pas de format universel. Une matrice 3×3 privilégie la simplicité, une 4×4 offre davantage de possibilités de différenciation et une 5×5 permet une granularité supérieure. Le choix doit surtout dépendre de la capacité des évaluateurs à distinguer clairement les différents niveaux de cotation

La matrice des risques est-elle obligatoire dans le DUERP ?

Non. La réglementation impose à l’employeur d’évaluer les risques professionnels et de transcrire les résultats de cette évaluation dans le DUERP, mais elle n’impose pas l’utilisation d’une matrice particulière ni une formule de cotation spécifique.

Quelle différence entre fréquence et probabilité dans une cotation des risques ?

La fréquence d’exposition peut représenter la régularité avec laquelle une personne est exposée à une situation dangereuse. La probabilité cherche plutôt à apprécier la vraisemblance qu’un événement défini survienne. Une exposition fréquente ne signifie donc pas nécessairement que l’accident est lui-même fréquent.

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